Nationale

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Editorial du Président

Une seule religion : le logement

Par beau temps, le rôle d’un président de fédération professionnelle est assez simple. Il dialogue avec les pouvoirs publics, arrondit parfois les angles et évite les affrontements qui peuvent sembler inutiles.

Mais lorsqu’arrive la tempête, la méthode change.

Lorsque la crise devient profonde, comme c’est le cas actuellement, que les alertes lancées pendant des années n’ont pas été entendues, que nos concitoyens souffrent de ne plus parvenir à se loger et qu’au moment où le diagnostic est enfin partagé, les pouvoirs publics n’ont presque plus les moyens d’agir, continuer comme avant n’est plus possible.

Dans la tempête, un président de fédération n’est pas là pour rester à l’abri.

Il doit être en première ligne. Accepter de prendre des coups. Cesser, lorsque c’est nécessaire, d’arrondir les angles. Nommer les problèmes tels qu’ils sont et prendre à bras-le-corps les sujets qui fâchent. 

Il est là aussi pour protéger et défendre ses adhérents qui ne peuvent pas être en première ligne sous peine de sanctions commerciales et/ou politiques.

Bref, il doit être au front ou, comme certains responsables politiques aiment le rappeler, accepter « d’être à portée de baffes ».

C’est, en tout cas, ainsi que je conçois mon rôle de président de la FPI.

Je suis là pour défendre l’acte de construire, nécessaire, utile et noble, et faire en sorte que tous les Français puissent se loger décemment et que les acteurs du secteur du logement se sentent représentés et soutenus.

Cela exige une parole forte, en accord avec les instances de la FPI, même si parfois cela a fait l’objet de débats.

Cela suppose aussi de parler à tous ceux qui participent au débat démocratique et qui seront peut-être, demain, amenés à prendre des décisions concernant le logement.

Lorsqu’une décision du Gouvernement va dans le bon sens, je le reconnais. Lorsqu’elle est mauvaise pour le logement, je l’affirme tout aussi clairement. Je viens de le faire encore très récemment auprès de parlementaires de la majorité qui essayent de détricoter le statut du bailleur privé. 

A l’approche de l’élection présidentielle, mon rôle est également de faire en sorte que les propositions défendues par la FPI soient entendues et reprises par le plus grand nombre possible de candidats. C’est même l’un des objectifs de notre action : convaincre, faire progresser nos idées et remettre le logement au cœur du débat public.

Nous nous sommes suffisamment plaints que le logement ait été le grand oublié de la précédente élection présidentielle pour nous réjouir aujourd’hui de le voir remonter presque en haut de la pile des préoccupations et des propositions. La FPI n’est pas étrangère à cette évolution.

Et c’est précisément le but recherché.

Mais lorsqu’une idée que nous défendons est reprise par un candidat ou un parti, elle entre dans le débat politique et, d’une certaine manière, cesse de nous appartenir. Nous pouvons nous féliciter de l’avoir fait progresser sans pour autant être responsables de la manière dont elle sera ensuite formulée, adaptée ou intégrée dans un programme qui, lui, appartient à ceux qui le portent.

Il ne m’appartient pas de regarder qui parle, mais d’examiner ce qui est proposé. De prendre ce qui est bon là où il se trouve et de combattre ce qui est mauvais, d’où que cela vienne.

Je n’ai qu’une seule religion : le logement.

C’est à cette seule aune que j’entends apprécier les propositions et les programmes, sans étiquette et sans arrière-pensée.

Ma motivation et mon engagement restent intacts.

Vive le logement !

Pascal Boulanger, président de la FPI