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Editorial du Président

Si j’étais président…

En 1980, Gérard Lenorman chantait « Si j’étais président ». Près d’un demi-siècle plus tard, je me suis amusé à imaginer ce que je ferais si, par un extraordinaire concours de circonstances, je devenais président de la République.

Eh bien, si j’étais président, j’aurais une idée fixe : sauver la France par le logement !

Si j’étais président, grâce au logement, je pourrais soutenir l’emploi. Chaque logement neuf construit, ce sont deux emplois créés ou maintenus, et surtout non délocalisables. Mais pas seulement des maçons ! Derrière chaque opération, il y a des architectes, des notaires, des ingénieurs, des bureaux d’études, des géomètres. Puis arrivent les terrassiers, les charpentiers, les électriciens, les plombiers, les plaquistes, les peintres, les menuisiers, les paysagistes. Et enfin, les cuisinistes, les vendeurs de meubles, les magasins de décoration, etc.

Si j’étais président, grâce au logement, je relancerais aussi l’industrie française. Car pour construire, il faut fabriquer. Des fenêtres, des ascenseurs, des chaudières, des pompes à chaleur, des lavabos, des parquets, des carrelages, des cuisines, des équipements électriques. Il faut des camions pour transporter les matériaux, des grues, des engins de chantier. Et, au passage, les ouvriers font aussi vivre la boulangerie, le café ou le petit restaurant du quartier.

Si j’étais président, grâce au logement, je redresserais les finances publiques ! Chaque logement neuf produit génère plusieurs dizaines de milliers d’euros de TVA, de taxe d’aménagement, de droit de mutation…

Mais si j’étais président, grâce au logement, je m’attaquerais surtout au pouvoir d’achat. Car le logement est l’une des principales dépenses contraintes des Français. Il absorbe souvent un tiers de leurs revenus, parfois beaucoup plus, notamment chez les ménages modestes.

Construire massivement permettrait de détendre les marchés locatifs et immobiliers et, progressivement, de modérer les loyers et les prix. Cette baisse des prix des logements ou des loyers représenterait une véritable bouffée d’oxygène financière pour des millions de ménages. Du pouvoir d’achat retrouvé et pérenne, sans avoir à inventer une nouvelle prime ou un nouveau chèque financé par la dette ou un dispositif d’encadrement des loyers.

Si j’étais président, grâce au logement, je rendrais de l’espoir à nos concitoyens. Davantage de logements, ce sont des étudiants qui peuvent étudier là où ils le souhaitent, des salariés qui peuvent déménager pour changer d’emploi et des familles qui peuvent s’agrandir.

Et si j’étais président, grâce au logement, je n’oublierais évidemment pas la planète. Le logement collectif neuf est particulièrement sobre en énergie, performant sur le plan environnemental et économe en foncier. Construire davantage de logements neufs, c’est aussi préparer notre pays au changement climatique et améliorer durablement le confort d’été nos concitoyens.

Mais voilà, comme le dit aussi la chanson, « j'serai jamais président de la République ».

Et c’est bien dommage !

Pascal Boulanger