Nationale

Editorial du Président

On se réveille ?

Il y a des moments où, à force de répéter toujours les mêmes diagnostics, on finit par douter d’être entendu.

Et puis, soudain, une petite lueur d’espoir réapparaît, parfois portée par des acteurs politiques que l’on n’attendait pas.

Ainsi, dans un entretien récent, Bruno Le Maire, fort de trente années de vie politique, fait le constat sans concession d’un système où « tout le monde décide, donc personne ».

Il va plus loin encore, en dénonçant une « monarchie technocratique », où des acteurs jamais élus, jamais confrontés au terrain, finissent par orienter les décisions dans un maquis administratif illisible. Son constat est implacable : nous sommes « grignotés par le virus du détail, du petit, de l’accessoire ».

Ce que nous dénonçons depuis des années – inflation normative, complexité excessive, décisions diluées – est désormais reconnu par ceux-là même qui ont été au cœur du système et l’ont alimenté.

Et ce constat ne s’arrête pas là.

Au Sénat, des propositions émergent pour repenser en profondeur l’organisation de l’État, en s’attaquant à un sujet longtemps évité : celui de la profusion des agences. Plus de 100 agences, plus de 400 opérateurs, des centaines d’organismes consultatifs, ce qui fait, au total, plus de 1 200 organismes publics nationaux divers et variés.

La proposition de loi déposée le 27 avril dernier par la sénatrice Pauline Martin et le sénateur Mathieu Darnaud vise à rationaliser cet ensemble, à supprimer certains doublons, à redonner du sens et de la lisibilité à l’action publique, en renforçant notamment le rôle du préfet.

Ce qui hier encore relevait du tabou devient aujourd’hui un sujet de débat politique.

Faut-il faire tabula rasa ? l’idée est séduisante. Mais le danger est que l’outil utilisé pour y arriver soit la pince à épiler plutôt que la tronçonneuse.

Il convient de revenir à l’essentiel et, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, de viser sans cesse l’efficacité, qui, d’ailleurs, devrait être rajoutée à notre devise nationale : « Liberté, Egalité, Fraternité, Efficacité ». 

Notre secteur est l’un des premiers à subir ces dérives : normes en cascade et responsabilités diffuses. À force de tout complexifier, nous avons tout bloqué, rallongé les délais, augmenté les coûts.

En tout état de cause, si cette volonté de la part des femmes et hommes politiques de simplifier et de revenir à l’essentiel se confirme, ils me trouveront à leur côté. Mais ça fait tellement longtemps que je l’entends…

La FPI répondra néanmoins toujours présente : avec ses propositions, son expertise, sa très longue expérience de tous les blocages et absurdies qui existent actuellement. 

Le premier test de cette volonté simplificatrice arrive bientôt. Nous insisterons et veillerons à ce que nos propositions soient reprises, lors de l’examen du projet de loi « Relance Logement ».

Quitte à me répéter (à force de taper sur un clou, il s’enfonce), mon message est clair : « Mesdames et Messieurs les responsables politiques : si vous voulez vraiment simplifier, si vous voulez vraiment remettre de l’ordre, si vous voulez vraiment sortir de cette mécanique technocratique…écoutez les acteurs privés, ceux qui font vivre l’économie ; écoutez-nous ».

L’économie de la France et nos concitoyens le valent bien ! D’autres pays, a priori moins bien lotis que nous (Espagne, Grèce, Italie, Pologne, Portugal…), se sont réveillés et les résultats sont là.

On se réveille !