Nationale

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Editorial du Président

Et si l’IA redonnait de la valeur au réel ?

On a beaucoup parlé d’intelligence artificielle ces dernières semaines. Rarement pour nous rassurer.

Première inquiétude : certains experts de l’IA évoquent désormais un possible scénario de fin de l’humanité. Jacob Coxon, jeune chercheur passé par OpenAI puis Anthropic, a quitté son entreprise en expliquant que les acteurs de l’IA fonçaient vers une « superintelligence » dont ils ne maîtrisaient pas les conséquences. Geoffrey Hinton, l’un des pionniers de cette technologie, juge lui-même qu’un tel risque ne peut être écarté.

Deuxième inquiétude : l’intelligence artificielle pourrait bouleverser l’emploi, notamment celui des cadres et des métiers dits « de la connaissance ». Les fameux cols blancs, qui pensaient hier encore être protégés par leurs diplômes, découvrent qu’ils sont peut-être les premiers exposés.

Dans ce contexte anxiogène, je ne peux m’empêcher de penser que le logement collectif neuf est, une fois de plus, un facteur d’espoir.

En effet, pour produire un logement neuf, il faut des ouvriers, des conducteurs de travaux, des artisans, des maçons, des électriciens, des menuisiers, des terrassiers…

Un logement, c’est avant tout deux emplois créés ou maintenus, non délocalisables ! Une ligne de code ou un algorithme peuvent être produits n’importe où. En revanche, on ne délocalise pas un chantier dans le cloud ou à l’autre bout du monde pour loger une famille à Rennes, Toulouse, Lyon ou Saint-Malo.

Le logement est un des piliers qui permettra de libérer le potentiel de la France.

Il consolide le pacte social, car avoir un toit est le début de tout. C’est à partir d’un logement que l’on construit un projet de vie, que l’on poursuit des études, que l’on accepte un emploi, que l’on fonde une famille, que l’on vieillit dignement.

L’intelligence artificielle n’est donc pas l’ennemie du logement. Bien au contraire.

Si l’on demandait à une intelligence artificielle comment résoudre la crise du logement, elle répondrait sans doute ce que la FPI répète depuis des années : booster le statut du bailleur privé, aider les maires bâtisseurs, simplifier encore et toujours, supprimer les contraintes édictées par le Haut Conseil pour la Stabilité Financière (HCSF).

Il est évidemment important, et même essentiel, de se préoccuper des risques liés au développement de l’intelligence artificielle.

Mais n’oublions pas cette évidence : plus le monde devient virtuel, plus nous aurons besoin du réel.

Et le réel commence souvent par un logement.

Pascal Boulanger, président de la FPI